Fret SNCF : 3000 emplois réellement menacés !

Publié le par Syndicat FiRST

 

 

FiRST l’avait annoncé : la SNCF devrait connaître un véritable séisme dès 2018. Victime des coups de butoir d’un Gouvernement totalement débridé, notre entreprise et son personnel risquent de ne pas se relever des attaques lancées simultanément de toutes parts, sauf à ce que les cheminots et leurs représentants se mobilisent, rassemblés dans un front réellement unitaire. Sur le plan des « mobilités » quotidiennes, FiRST a décrypté à de multiples reprises la stratégie mise en œuvre par le Gouvernement pour refonder entièrement ce secteur, pas forcément au bénéfice de la SNCF.

 

Le lancement, en septembre, des « Assises de la Mobilité » est annonciateur de profonds bouleversements qui toucheront les agents affectés au TER. Le même mois, la Cour des Comptes publiait un référé sur la situation de Fret SNCF (voir ci-après).

Ces initiatives de doivent rien au hasard. Elles préfigurent de profondes réorganisations  qui impacteront la SNCF et son personnel dès 2018.

 

Fret SNCF et ses agents gravement menacés !

 

Une rumeur concernant la suppression probable de 3000 emplois (sur 6000) circulait depuis quelques semaines dans les couloirs de Fret SNCF. Lors de la séance plénière du Comité d’Etablissement du 18 octobre, les représentants du personnel ont invité le directeur du fret à se prononcer sur la question. 2 jours auparavant, la Direction du fret avait fermement démenti aux médias « tout projet de filialisation ou de privatisation pour 2018 » et affirmait qu’il n’y avait « pas de projet de suppression de 3000 emplois ».

 

Dans un premier temps, le Directeur de Fret SNCF s’en est tenu au communiqué officiel, avant de  concéder qu'une étude avait été lancée, début septembre, sur la bonne manière de recapitaliser Fret SNCF.  Jean-Marc Longequeue ne s’interdit pas, a priori, de filialiser l’Activité si cette peut être une opportunité pour l'entreprise. Cette intervention confirme, plus qu’elle n’infirme, la rumeur évoquant un regroupement de Fret SNCF avec la filiale VFLI.

 

Les élus quittent la séance et appellent au débat citoyen

 

Plus effrayés que rassurés par les propos de leur direction, les élus du fret ont décidé de quitter la séance. Le CE Fret a appelé, dans le cadre d’une expression commune, l’État à jouer son rôle de stratège et l’a invité à organiser un grand débat public l'avenir du fret. Pour les élus, « Plus que jamais, le fret ferroviaire relève d'un intérêt général stratégique pour la France, répondant aux besoins de l'activité économique des entreprises, de l'environnement et de l'aménagement du territoire ».

 

L’analyse partielle et partiale de la Cour des Comptes

 

FiRST réfute certaines analyses livrées par les « sages » dans leur référé. Ceux-ci soulignent le manque de compétitivité de fret SNCF sans évoquer les conditions de concurrence déloyales qui ont été imposées à la SNCF. En effet, les réseaux ferrés ont été progressivement ouverts à la concurrence dès 2003, sur décision de l’Europe, sans la moindre harmonisation économique et sociale préalable. Fret SNCF, même recapitalisé, ne peut survivre dans ces conditions.

FiRST partage encore moins l’approche de la Cour des Comptes lorsqu'elle regrette ouvertement que réforme du système ferroviaire de 2014 n'ait pu aboutir au nivellement vers les bas des acquis sociaux des agents SNCF. Pour FiRST, si nivellement il y a, il ne peut être entrevu que par le haut !

En revanche, FiRST reprend à son compte quelques autres constats et réflexions cités dans le référé…

 

  • La descente aux enfers de Fret SNCF

 

Extrait du référé : « depuis 2008, Fret SNCF dispose en propre de ses agents, dont le nombre a d’ailleurs été quasiment divisé par deux entre 2008 (14 933 agents) et 2015 (7 420 agents) et de son parc d’engins moteurs. Entre 2009 et 2011, Fret SNCF a, en outre, cédé la majeure partie de son parc de locomotives (262 engins moteurs) à sa filiale Akiem pour n’en reprendre qu’une partie en location (101 engins),... L’activité de wagon isolé… a été refondue : le nombre de wagons chargés a été nettement réduit, d’environ 700 000 en 2005 à 150 000 en 2014, un engagement de ponctualité est entré en vigueur et l’activité a été réorganisée et renommée « multi-lots multi-clients »

  • Les contradictions de l’Etat

« la Cour relève la persistance de contradictions dans la manière dont l’État assume, en ce domaine, son double rôle de conduite de la politique des transports et d’actionnaire de SNCF Mobilités. En effet, tout en affichant en permanence sa volonté de soutenir le fret ferroviaire, l’État a, ces dernières années, pris d’importantes initiatives qui, de fait, lui sont défavorables : décret portant à 44 tonnes la limite du poids total autorisé en charge des poids lourds, abandon de l’écotaxe, renoncement à l’opportunité offerte pour réduire les écarts de compétitivité par l’élaboration du nouveau cadre social harmonisé applicable à cette activité...Enfin, l’État, qui considère que le soutien au transport de fret par voie ferroviaire répond également à des nécessités environnementales, devrait en tirer les conséquences…».

Pour FiRST, les gouvernements se suivent et se ressemblent sur un point : l’hypocrisie qu’ils manifestent vis-à-vis de l’avenir des transports ferroviaires. Comme d’autres syndicats, FiRST souhaite que l’avenir de Fret SNCF fasse l’objet d’un débat public, réellement démocratique.

 

A consulter, la vidéo du CE Fret sur la casse du transport ferroviaire de marchandises : ICI  

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