Rentrée : train de réformes pour Gaulois réfractaires

Publié le par Syndicat FiRST

 

De quoi se nourrissent technocrates et politiques ? De « réformes » ! Dans la plupart des cas, ces réorganisations constituent des objectifs en soi. Il ne s’agit pas d’améliorer, d’adapter, d’être plus juste ou même plus performant, il s’agit de changer… pour changer. Faire et défaire, c’est toujours travailler diront certains. La SNCF en est l’exemple criant. La structure est tantôt éclatée, puis réunifiée, puis de nouveau divisée selon d’autres règles. Ces changements ne s’attachent pas à traiter les racines des dysfonctionnements qui polluent le fonctionnement de l’Entreprise. Ce n’est  pas le but. Même contradictoires, ces mesures révèlent cependant un fil conducteur : chacune d’elles provoque des centaines de suppressions d’emplois et fragilise l’organisation. Au point de transformer peu à peu la SNCF en château de cartes. Danger !

Le Gouvernement a d’ores et déjà programmé son lot de réformes pour la rentrée :

•  Un « plan pauvreté » qui devrait être annoncé mi-septembre et curieusement précéder la mise en œuvre d'une nouvelle convention de l'assurance chômage. De quoi s’inquiéter !

•  Une réorganisation en profondeur du système de soins et des hôpitaux

•  Une énième réforme des retraites qui touchera l'ensemble des Français et devrait remettre en cause l’avenir des régimes spéciaux.

Nul ne doute que si le Gouvernement devait s’inspirer de la stratégie mise en œuvre à la SNCF pour faire passer ses réforme (dénigrement des personnels, arguments fallacieux, imposition de décisions arrêtées avant de réaliser un bilan objectif de la situation et avant le début des négociations, autoritarisme et menaces…) les français ont du souci à se faire ! Certains vivront à leur tour ce que les cheminots ont vécu !

A la SNCF, une réforme peut en cacher une autre. En interne, l’organisation devrait une nouvelle fois être bouleversée. Objectif affiché : plus d’intégration pour plus d’efficacité… Tout cela sans remettre en cause la gestion par Activités, principale origine des pertes de productivité ! Quid de l’avenir de l’EPIC de tête en 2020 ? Certains n'évoquent que la suppression des doublons tandis que d’autres souhaiteraient aller beaucoup plus loin.

Enfin, la Convention Collective appelée à remplacer le Statut pour les embauchés après 2020 se devrait d’être bouclée… ou bâclée avant cette date. Difficile, voire impossible, de négocier sereinement dans des délais aussi contraints.

 

Si les Gaulois sont réfractaires aux réformes, comme l’affirme le Président de la République, c’est peut-être parce qu’elles se font à leur détriment !  Après avoir été « réfractaires », ils pourraient devenir irréductibles et mener un combat salavateur, avec ou sans potion magique !

 

Réforme des retraites : attention, danger !

Les réformes des retraites successives se toutes soldées par des reculs des droits des pensionnés : allongement de la durée de cotisation pour atteindre le taux plein, modification du nombre d’années de références pour le calcul du montant de la pension, décote lorsque le nombre de trimestres n’est pas atteint, pénalité à l’encontre des salariés au Régime Général qui prennent leur retraite avant 67 ans…

La nouvelle réforme entrevue par le Gouvernement devrait aller encore plus loin !

Les précédentes réformes avaient pour particularité de jouer essentiellement sur les paramètres d’un système de retraite maintenu en l’état. Cette fois, le Gouvernement entrevoit de réformer Les règles en profondeur avec pour principe de base qu’ « un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits pour tous». Comme toutes les recherches « d’équité », cette mesure ne constituerait, à de rares exceptions près, qu’un nouveau nivellement vers le bas des droits des salariés.

Aujourd’hui

  • les cotisations des actifs paient les pensions des retraités (répartition), à l’inverse, dans un régime de retraite par capitalisation où chaque actif accumule un capital qui servira à payer sa propre retraite
  • Il existe plusieurs régimes : régime général, marins, clercs, SNCF, RATP, Comédie française, Banque de France, députés…
  • les pensions de retraites sont proportionnelles au montant des cotisations versées durant la carrière. Le montant est prévisible et garanti dans le temps.
  • Le calcul des pensions repose sur le nombre de semestres validés. Il tient compte des 25 meilleures années de salaire (Régime Général) ou des 6 derniers mois (cheminots au Statut).

 

Demain, si le projet Macron était mis en œuvre

  • Le système par répartition serait maintenu
  • Les différents régimes seraient supprimés au profit d’un régime « universel »
  • Les règles de calcul des retraites seraient profondément remaniées (retraite par points ou comptes notionnels). Disparaissent les notions de trimestres validés et les références aux meilleures années. Ce sont les points cotisés qui détermineront le montant de la retraite. Ces points seraient multipliés par un coefficient (pouvant selon l’option retenue par le Gouvernement varier dans le temps, tenir compte de la durée de vie moyenne, de l’âge de départ en retraite…). Non seulement le niveau de pension ainsi calculé serait moindre, mais il risquerait de baisser au fil des années : le coefficient pourrait être revu à la baisse !

En résumé, la réforme des retraites, qui devrait toucher l’ensemble des salariés, constituerait un nouveau recul social sans précédent. Elle devra être combattue avec force en son temps, avec ou sans potion magique !

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