SNCF : le fret ferroviaire, c'est possible !

Publié le par Syndicat FiRST

 

Il y a une dizaine d’années, le Gouvernement de l’époque lançait le "Grenelle de l’Environnement". Des dizaines de réunions régionales ou nationales émergèrent les projets les plus ambitieux : multiplication des LGV, projet de rééquilibrage des transports en faveur des modes les moins polluants, taxe poids lourd… Mais comme d’habitude, ces rencontres n’avaient comme premier but que de donner bonne conscience aux responsables politiques qui, finalement, ont toujours privilégié la route. Et pour preuve. Quelques jours seulement après le lancement du Grenelle, la SNCF annonçait la fermeture de près de 200 gares fret, sans que cela ne choque personne. 2007 fut l’année du lancement du redoutable « plan Véron », étape importante dans le démantèlement de Fret SNCF.

 

En 2012, 195 Etats paraphaient un « accord universel pour le climat ». Une démarche quelque peu similaire au Grenelle français mais étendue à l’échelon mondial. Alors que certains se réjouissaient une fois de plus de cette performance diplomatique sans précédent, dans la réalité, les choses n’évoluaient guère favorablement. En France, l’Ecotaxe, pourtant soutenue par la quasi-totalité des partis de tous bords, fut supprimée sur décision du Ministre de l’Ecologie de l’époque, Ségolène Royal. Ce qui amena deux association de défense de l’environnement à protester : « bafouant le fonctionnement de nos institutions en renonçant à attendre le résultat du Conseil d'Etat, le gouvernement supprime, en catimini, un des axes majeurs d'une réelle politique environnementale, retire aux collectivités territoriales la possibilité de financer des modes de transports alternatifs et favorise l'enrichissement de groupes privés au détriment de la santé et de la qualité de vie des Français ». Tout est dit. La même année, le Poids Total Autorisé en Charge des camions passait de 38 à 44 tonnes…

 

Depuis le début des années 2000, Fret SNCF connut les pires attaques : ouverture des réseaux ferrés à la concurrence marchandises sans la moindre contrainte d’harmonisation économique et sociale préalable, mise en œuvre de projets de régression ferroviaire… Bien que recapitalisée en 2004 à hauteur de 1,5 G€, l’activité n’a pu repartir, victime de l’organisation d’une concurrence déséquilibrée entre modes de transports sous l’impulsion de l’Union Européenne relayée par la France. Entre 2008 et 2015, les effectifs ont chuté de moitié. De 15 000, ils sont passés à 7420. De nombreux triages ont été fermés, des installations ont été délaissées, le «wagon isolé » a été sacrifié. Comme si cela ne suffisait pas, Edouard Philippe annonça en avril 2018 la filialisation de Fret SNCF. Plus récemment, les médias ont relayé l’information selon laquelle 700 postes allaient encore être supprimés, alors que l’Activité compte déjà moins de 6000 cheminots.

 

Comme écrit à maintes reprises par FiRST, les grand ’messes nationales n’ont pour seule vocation que de dresser un paravent devant le démantèlement du fret ferroviaire français. Les arguments fallacieux livrés par le Gouvernement pour justifier la réforme de la SNCF, la brutalité des propos des décideurs au pouvoir illustrent leur désintérêt pour le rail en particulier et pour le « développement durable » en général. La Cour des Comptes ne prétend pas le contraire. Dans un référé de juillet 2017, les « sages » furent on ne peut plus clairs : « tout en affichant en permanence sa volonté de soutenir le fret ferroviaire, l’Etat a ces dernières années pris d’importantes initiatives qui lui sont défavorables : 44 tonnes, suppression de l'écotaxe… ».

 

La Cour ne fait que reprendre à son compte un point régulièrement cité par les défenseurs du rail, dont FiRST. Pour FiRST, ni la recapitalisation de Fret SNCF, ni sa filialisation ne seront de nature à lui offrir un avenir. L’existence même du trafic marchandises ferroviaire est conditionnée à une volonté politique, à l’inverse du libéralisme pratiqué à tout va. Si, en Suisse, 67 % des marchandises sont transportées par le rail, ce n’est ni le fait du hasard, ni le fait du simple bon vouloir des affréteurs. Faire du transport ferroviaire écolo, c’est possible. Encore faut-il le souhaiter vraiment.

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