Grève SNCF : Stop ou encore ?

Publié le par Syndicat FiRST

 

La « journée sans cheminots » décrétée aujourd’hui par certains syndicats est d’ores et déjà considérée comme un baroud d’honneur par un certain nombre d’observateurs. Le texte de loi définitif devrait être voté les 13 et 14 juin, entérinant ainsi la disparition de la SNCF telle que nous la connaissons  et un recul social sans précédent avec la disparition progressive du Statut. A ce stade, la mobilisation massive des cheminots et leur opposition à la réforme n’ont pas permis la remise en cause des grandes lignes du projet. La rapport de force à toutefois permis d’instaurer des contraintes sur les opérateurs privés à un niveau qui dépasse ce qu’ils pouvaient imaginer. En cas de perte de marché, les repreneurs des cheminots devront largement mettre la main au porte-monnaie. Cela n’est toutefois pas à considérer comme une « avancée » mais bien comme un des points qui limitent la casse.

 

Se posera évidemment bientôt la question des suites de l’action en cours. Les cheminots doivent-ils reprendre le travail ? Quand et dans quelles conditions ? L’action doit-elle être arrêtée ou « suspendue » selon un terme de circonstance ? Doit-elle évoluer sur la forme et persister dans le temps ? Une chose est sûre, c’est que quelle que soit l’issue de la grève, le lien de confiance entre la Direction Nationale et les cheminots est définitivement rompu. Les cheminots ne pardonneront jamais le soutien exprimé par les hauts dirigeants de l’Entreprise à un projet résolument hostile à la SNCF. Pas plus que les encouragements que celle-ci a adressé aux dirigeants politiques qui ont constamment dénigré les salariés.

 

FiRST avait fait partie des (3) syndicats prônant l’adoption d’une ligne dure face à la réforme (lire ici), avec un appel à la grève reconductible dès le 2 avril au soir. FiRST avait également, une fois de plus, réclamé l’union de tous les syndicats pour une plus grande efficacité face aux menaces. Pour sa part, une grande majorité de cheminots a préféré s’inscrire dans le calendrier de grève proposé par d’autres organisations syndicales. Aux appels à l’union lancés par FiRST, les principaux syndicats ont préféré poursuivre, sans état d'âme, les politiques de division syndicale et d'exclusion menées depuis une dizaine d’années. FiRST regrette cette attitude, mais prend acte du fait que ces 4 syndicats tire leur force des urnes. Leur hégémonie, idéologiquement contestable, a jusqu'à présent été légitimée.

 

A défaut d’union entre les 9 syndicats de la SNCF, les cheminots ont  dépassé les clivages et se sont rassemblés sur le terrain. Ils se sont inscrits dans un mouvement selon les modalités qu’ils ont validées. Au vu de l’implication de bon nombre d’entre-eux dans la défense de l’avenir de la SNCF et des acquis sociaux des cheminots, des modalités de grève qu’ils ont choisies, et des conséquences financières et professionnelles qu’engendrera leur action, FiRST estime qu’ils sont seuls légitimes à présider à l’avenir du mouvement. FiRST prend acte des des choix retenus individuellement ou en AG. FiRST ne donnera donc pas de consigne sur la suite à donner au mouvement. Pour autant, FiRST ne manquera pas de dénoncer, comme fait jusqu’à présent, toute tentative de tromperie quel qu'en soit l'auteur. Apporter un éclairage, c'est aussi permettre aux cheminots de choisir en toute objectivité leur destin

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