Grève SNCF : pour FiRST, l'action doit évoluer

Publié le par Syndicat FiRST

Après le vote de la réforme de la SNCF, FiRST estime que l'action débutée le 2 avril au soir doit être adaptée au nouveau contexte, après concertation avec les cheminots dans l'action. A ce stade, il ne s'agit ni de se résigner, ni d'envoyer les cheminots dans le mur.

 

Qui est pour, qui est contre la réforme ?

Lundi 11 juin : les parlementaires sont parvenus à un accord sur un texte commun sur la réforme de la SNCF en commission mixte paritaire (CMP).

Mercredi 13 juin : L'Assemblée nationale a adopté, mercredi 13 juin, en dernière lecture, par une majorité de 452 voix contre 80, le projet de réforme.

Pour : LREM-MoDem et UDI-Agir,  et trois quarts de LR

Contre : Les trois groupes de gauche (socialistes, communistes et Insoumis) et élus FN. Abstentions : 27 dont 23 LR.

 

Jeudi 14 juin : Le Sénat a approuvé la réforme par 245 voix contre 83.

Pour : LR, centristes, RDSE, LREM.

Contre : PS et CRCE (à majorité communiste).

 

Une action durable face à une réforme rétrograde

 

Le cumul des jours de grèves dépasse à ce jour les trente, ce qui fait de cette action une des plus longues de l’histoire des chemins de fer. Le mouvement se poursuit, malgré l’absence d’union syndicale depuis le début du conflit. Le comportement du Gouvernement aura constitué le meilleur facteur de rassemblement.

 

La position de certains syndicats après le vote de la loi

 

FiRST rappelle avoir proposé aux cheminots de s’inscrire dans un mouvement reconductible dès le 2 avril au soir. Cette position n’a pas été ralliée par la majorité d’entre-eux. Dont acte. Suite à la ratification de la réforme, deux des syndicats dits « représentatifs » se sont déclarés favorables à la poursuite, voire au durcissement du mouvement. Les deux autres s’orientent plutôt vers une sortie de crise, sous certaines conditions.

 

La position de FiRST

Quelles que soient les interventions ou actions des uns et des autres, la loi sur la réforme ferroviaire est désormais promulguée. C’est certes une injustice, un recul social sans précédent, un grand pas vers la casse le l’Entreprise et du Service Public, une première étape vers d’autres reculs sociaux, mais c’est un fait. Personne ne doit l’ignorer.

A ce stade, abandonner le combat reviendrait à négliger les sacrifices consentis que de nombreux cheminots ont consentis pour préserver les intérêts de tous.

A l’inverse, poursuivre le mouvement sous sa forme actuelle, une grève grille du loto dépourvue de sortie crédible et identifié, ne laisse guère espérer d’issue. De même, une radicalisation du conflit risquerait de placer les cheminots en porte-à-faux, à la plus grande satisfaction du Gouvernement.

Pour FiRST, l’action doit se poursuivre, mais sa forme doit évoluer en totale concertation avec les cheminots impliqués dans le conflit. Le rapport de force doit être entretenu, car les négociations de la Convention Collective Ferroviaire vont se poursuivre. Du niveau de cette convention résulteront les conditions de travail et de rémunération (…) des cheminots embauchés au-delà de 2020.

 

La convention collective ferroviaire

La première trace d’une convention collective ferroviaire date de 1974. Son périmètre se limitait alors aux voies ferrées locales. Suite à l’ouverture du réseau national à la concurrence fret (2003), une nouvelle convention collective, à l’attention exclusive des personnels des opérateurs privés, avait été discutée. Les premiers échanges ont eu lieu en juin 2007. La signature était envisagée en juin 2012. Le texte était sur le point d’être paraphé lorsqu’une lettre de Guillaume Pepy fit tout capoter. Selon le  président de la SNCF, le texte « entérinerait des écarts considérables de situation de et conditions d’emplois entre salariés d’un même secteur ». Transparaissait dès lors la volonté de la direction d’aboutir à la création de règles communes avec le privé et d’en finir avec le Statut. Les discutions furent finalement relancées en 2014, après la mise en oeuvre de la réforme « portant ferroviaire ». Le texte de cette convention devrait être bouclé avant début 2020. Il reste à discuter d’ici là le déroulement de carrière, la rémunération, le droit syndical, la prévoyance…). Autant de sujets qui ne sont pas définis par la législation récente. Les négociations se dérouleront non pas en interne mais entre l’UTP (Union des Transports Publics et Ferroviaires). A ce niveau, la SNCF n’est qu’un opérateur parmi tant d’autres. Précisons que le Gouvernement n’a aucun intérêt à faire pression sur le patronat pour lui imposer des contraintes sociales. Ce serait serait aller à l’encontre de l’idéologie libérale qui a guidé la réforme de la SNCF.

 

Les formes d’action à discuter

Les « négociations » qui vont se poursuivre seront donc en grande partie externalisées. Ce qui n’interdit pas le déroulement d’échanges au sein de l’Entreprise sur des sujets divers tels que conditions de travail, salaires… FiRST estime que la pression des cheminots devra continuer à s’exercer, notamment lors des rendez-vous cruciaux portant sur les sujets sociaux. FiRST estime également que certaines actions doivent être élargies aux cheminots des opérateurs privés, seuls réellement « bénéficiaires » de la convention collective. Tout ceci nécessiterait un large débat intérfédéral ouvert à l'ensemble des syndicats, relayé puis discuté au sein des AG et ailleurs.

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