SNCF : Et si la dette n'était plus un problème ?

Publié le par Syndicat FiRST

 

Depuis quelques années que les médias l’évoquent, la problématique de dette « de la SNCF » est désormais connue de tous. D’un article à l’autre, d’une projection à une autre, les chiffres varient. Pour commencer, FiRST tient à rappeler qu’il n’existe pas une dette mais deux dettes liées à l’Entreprise Publique. La première, qui relève de SNCF Mobilité (le transporteur) est inférieure à 10 milliards d’euros et reste gérable. La seconde, d’un montant légèrement inférieur à 50 milliards d’euros, est liée aux infrastructures.

 

En 1991, la dette infra avait été transférée dans un organisme quelque peu bizarre, le Service Annexe d’amortissement de la Dette, si bien qu’elle ne figurait plus ni dans la comptabilité de l’Etat qui en payait les traites, ni dans celle de l’Entreprise Publique. En 1997, elle fut transférée, avec la propriété des Infrastructures, à RFF, avant de revenir dans le giron de la SNCF en 2014, avec la promulgation de la loi « portant ferroviaire ». Malgré l’obligation qui lui en avait été faite depuis 1991, la France n’a donc jamais assaini la dette « infra » de la SNCF. Une dette qui est d’autant moins la sienne que le réseau dont elle finance les traites est désormais largement ouvert à la concurrence.

 

Avec une dette malsaine de 50 milliards, due en partie à des choix politiques que la SNCF a été contrainte d’assumer financièrement en lieu et place de l’Etat, et les frais qui en découlent, la SNCF et ses cheminots avaient de quoi se faire des sueurs froides. Quid de l’avenir de l’entreprise, de son intégrité, du périmètre du réseau ferré si aucune solution viable n’était trouvée ? Quelles répercussions sociales ces difficultés économiques ne manqueraient-elles pas de susciter ? De longue date, les cheminots sont astreints à des efforts de productivité pour compenser en partie les effets pervers du désengagement des gouvernements successifs de la cause ferroviaire. Où cela allait-il s’arrêter ?

 

Finalement, les décisions arrêtées par le Gouvernement actuel quant à l’avenir de la SNCF et des acquis sociaux de son personnel relèguent au second plan cette problématique de la dette. En effet, qu'elle soit traitée au non, ce qu’elle aurait pu revêtir comme effets pervers sera quand-même décliné. La réforme voulue par le Gouvernement est infiniment plus destructrice que ne l'auraient été dans l'immédiat l'impact de la dette : Privatisation à terme de la SNCF (la filialisation programmée de Fret SNCF ne laisse planer aucun doute sur les ambitions du Gouvernement quant à l’avenir de l’entreprise publique), disparition progressive du Statut, transfert du personnel à des opérateurs privés, et risques avérés sur la consistance du réseau ferroviaire.

 

Tous les échanges, revendications, pseudo-concertations actuel sur la problématique financière relèvent désormais du second plan. Quand bien même le Premier ministre annoncerait-il aujourd’hui la reprise totale de la dette, ce dont on peut douter, cela ne changerait pas d’un iota la situation dramatique dans laquelle ce Gouvernement souhaite plonger les cheminots et leur entreprise… Pour FiRST, le combat continue.

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