Réforme SNCF : réformer par ordonnances, c'est grave, mais il y a bien pire !

Publié le par Syndicat FiRST

 

 
"L'objectif est d'aller vite compte tenu de la situation, tout en consacrant deux mois à une concertation approfondie sur tous les sujets", a déclaré Elisabeth Borne pour justifier la loi habilitant le Gouvernement à  recourir aux ordonnances présentée aujourd'hui au Gouvernement.
 
Une urgence ? Laquelle ? Faire éclater la SNCF pour redistribuer les trafics rentables aux opérateurs privés qui trépignent devant le Ministère ? Venir à bout du Statut des Cheminots dans un premier temps afin de niveler vers le bas des acquis de tous les salariés dans un second temps  ? Une urgence à "Tatchériser" la France ?
 
Une concertation ? Toutes les grandes lignes de la réforme ont été arrêtées de longue date : fin du Statut, transfert de cheminots aux opérateurs privés, transformation de la SNCF en "Société Nationale", abandon d'un tiers du réseau ferré,...
Cette concertation porte-t-elle sur la couleur de la corde avec laquelle les cheminots seront pendus ?
 
Les problèmes de la SNCF sont connus depuis plus de 20 années, les remèdes, qui n'ont rien à voir avec les solutions prônées par Spinetta, sont répertoriés. Mais aucun Gouvernement n'a souhaité les administrer !
 
Est-ce la faute de la SNCF et de son personnel ?
 
Le recours aux ordonnances n'est qu'une expression, parmi tant d'autres, de l'attitude violente et virulente de ce Gouvernement à l'égard des cheminots. Pour lui, ce sont les premières bêtes à abattre.
 
Le plus grave n'est pas cette précipitation à en finir. Outre la casse structurelle et social que ce Gouvernement souhaite mettre en œuvre, il y a la forme employée : cette stigmatisation récurrente de la SNCF et de son personnel, que le Gouvernement rend implicitement responsables de tous les maux.
 
"Attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personne" : telle est la définition du Larousse du mot "racisme".
 
Imaginez un seul instant le Gouvernement recourir à cette même stratégie vis-à--vis d'une quelconque minorité de Français ! L'on assisterait vraisemblablement à une levée de boucliers !
 
Mais comme salir les cheminots n'est pas interdit par la loi, nos dirigeants réveillent la bête immonde présente au fond de nombre d'entre-nous pour servir leurs desseins. Au risque de se brûler les doigts après avoir joué avec le feu.
 
Honte à Nicolas Hulot, qui emboîte sans réserve le pas de sa Majorité : "La SNCF n'assure plus les services que l'on avait l'habitude de recevoir, c'est insupportable pour le quotidien des Français" a-t-il déclaré récemment.
 
Face un telle déclaration, Guillaume Pepy aura du mal à continuer d'affirmer que le "SNCF Bashing" ne vient pas du Gouvernement !
 
Ordonnances ou pas, la stratégie employée par ce Gouvernement est humainement écœurante, et rétrograde sur le plan social et ferroviaire.
 
FiRST appelle tous les cheminots à manifester le 22 mars !
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