Réforme SNCF : lorsque la presse défend les cheminots

Publié le par Syndicat FiRST

 

Comme déjà dit, les attaques menées par ce Gouvernement contre la SNCF et son personnel ne connaissent aucun précédent dans l'histoire social française. Autant sur le fond, à savoir éclatement de l’Entreprise, abolition du Statut des cheminots, promotion de la concurrence, fermeture des petites lignes (malgré les récents démentis officiels), hausse du prix des billets TER et banlieue…que sur la forme.

Que l’on souhaite en finir avec 80 années de service public pour alimenter les caisses du privé, c’est un choix politique… contestable selon FiRST et les autres syndicats. En revanche, sur la forme, les méthodes employées par les décideurs politiques sont des plus ignominieuses et parfaitement intolérables : stigmatisation du personnel, autoritarisme, refus de la moindre concertation, et surtout diffusion d’informations fallacieuses, destinées à retourner l’opinion publique contre ceux qui sont dès à présent qualifiés de « preneurs d’otages ».

Pour sa part, FiRST refuse de se fourvoyer dans l’inflation verbale. Il n’y a pas, pour l’instant en France, plus de « preneurs d’otages » que de « dictateurs ». En revanche, il serait bon que chaque citoyen s’interroge sur les méthodes employées le Gouvernement pour arriver à ses fins.

Que ceux qui, aujourd’hui, mêlent leurs voix aux sirènes des anti-cheminots sans mesurer la portée des paroles de la chanson qu’ils entonnent, prennent garde. Leur tour viendra. Lorsqu’ils seront les propres victimes de leur hargne ou de leur haine, les cheminots ne seront peut-être plus là pour les défendre…

Plutôt que de paraphraser des articles de presse, FiRST vous livre ci-dessous un extrait du Journal très communiste « Le Monde » :

 

Le Monde 27.02.2018

Gérald Darmanin exagère le « coût » de la SNCF

Le ministre du budget a affirmé, mardi, que chaque Français payait en moyenne « 340 euros » par an pour la SNCF. Un chiffre bien supérieur à la réalité.

Engagé dans une réforme sensible de la SNCF, le gouvernement s’est trouvé un argument massue : les transports ferroviaires français coûteraient trop cher aux finances publiques. Ils représenteraient « 340 euros » par Français et par an, a déclaré le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, sur RTL, mardi 27 février. Mais ce chiffre est supérieur à la réalité. Explications.

CE QU’IL A DIT

Interrogé sur RTL, le ministre a estimé que la SNCF pesait trop fortement sur les finances publiques, chiffres à l’appui :

« Vous savez combien les Français […] paient pour la SNCF, qu’ils prennent ou qu’ils ne prennent pas le train ? 340 euros. Chaque année nous payons 340 euros parce qu’il faut faire fonctionner une société qui ne s’est pas améliorée. »

POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ

1. Plutôt 200 euros par Français et par an, selon le rapport Spinetta

En 2016, le système ferroviaire français a reçu environ 10,5 milliards d’euros de contributions publiques. A ce chiffre s’ajoutent les 3,2 milliards d’euros de subvention d’équilibre au régime de retraite SNCF. Soit, au total, environ « 14 milliards d’euros de soutien public par an pour la SNCF », comme l’affirmait le premier ministre, lundi, dans son discours sur la réforme du système ferroviaire.

Rapporté à la population française (environ 67,2 millions d’habitants début 2018, selon l’Insee), cela représente un ordre de grandeur d’environ 200 euros par ans et par habitant. C’est d’ailleurs ce chiffre qui est cité dans le rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, qui a été remis, mi-février, au gouvernement.

Contacté par Le Monde, le cabinet de Gérald Darmanin explique que le ministre arrive à un chiffre nettement supérieur pour deux raisons. D’abord, il ajoute au « coût » de la SNCF les 3 milliards d’euros de déficit annuel de son régime des retraites. Un chiffre qui doit être considéré « comme des concours publics implicites », pointait le rapport Spinetta.

Par ailleurs, le ministre à choisi de ne pas compter la population totale du pays, mais simplement 50 millions de Français « en âge de payer des impôts ». Ce second choix fait mécaniquement grimper l’estimation.

2. Un calcul forcément réducteur

Les calculs de ce type ne donnent qu’une vue assez grossière de la situation. Ainsi, le chiffre de « 14 milliards » d’euros de subventions publiques annuelles mélange des choses différentes :

  • 5,5 milliards d’euros correspondent aux compensations versées par les autorités organisatrices des transports (TER, TET, Transilien…). Ce chiffre inclut notamment les tarifs sociaux accordés sous conditions
  • 3 milliards d’euros pour les subventions d’investissements d’infrastructure (1,7 milliard) et de matériel roulant (1,3 milliard)
  • 2 milliards d’euros pour les redevances d’accès au réseau
  • 3,2 milliards d’euros pour l’équilibre du régime de retraite SNCF. Un déficit qui s’explique en partie par un ratio démographique très déséquilibré. En 2016, on comptait un peu moins de 6 personnes cotisant à ce régime pour financer les retraites de 10 bénéficiaires, selon les chiffres de la commission des finances du Sénat.

Insister uniquement sur les dépenses de la SNCF en les rapportant à la population française a, en tout cas, un aspect réducteur. Ce raisonnement occulte par exemple les bénéfices économiques et sociétaux que peut représenter le rail par ailleurs.

 

Commentaires FiRST :

Subventionne-t-on le supermarché lorsque l’on y fait ses courses ? Non, on ne fait que payer su dû. Voilà déjà pour le 5,5 milliards…  Quant aux investissements "infrastructures", ils sont à placer en regard de la dette que l’Etat refuse de régler à la SNCF. Idem pour les droits d’accès au réseau.

Enfin, concernant le régime de retraite, le déséquilibre démographique entre actifs et retraités trouve sa source dans les milliers de postes supprimés, sur décision des gouvernements successifs et conséquemment aux politiques pro-routières mises en oeuvre par l’Europe et la France.

Au passage, la route coûte aussi au contribuable, de même que l’armée, l’Education Nationale, les hôpitaux, les fonctionnaires… et les décideurs rémunérés à tromper leurs électeurs !

 

Concernant l’urgence à réformer, principal argument du Gouvernement pour justifier sa précipitation, l'argument  du caractère « intenable de la situation » vient d'être démenti pas les chiffres. FiRST rappelle avec humilité au Gouvernement que la SNCF est, une nouvelle fois, largement bénéficiaire : plus 1,3 milliards d’euros en 2017…

La seule urgence pour notre Gouvernement, c'est peut-être d'en faire bénéficier le secteur privé !

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