Avenir de la SNCF : Spinetta continue à bricoler en secret

Publié le par Syndicat FiRST

 

FiRST a figuré parmi les premiers syndicats à décrier l’approche du Gouvernement sur le ferroviaire. Notamment le fait d’organiser des « Assises Nationales de la Mobilités »dont le rail a été totalement et délibérément exclu et de confier, en parallèle, une mission d’examen de l’avenir du rail à l’ancien Président d’Air-France KLM. L’avenir du système ferroviaire français valait sans doute mieux qu’une expertise confiée à un seul homme, dont les préconisations risquent fort d’être calquées sur les orientations du Gouvernement. Autant les « Assises » ont été publiques, autant les travaux de Jean-Cyril Spinetta restent hermétiques. Ce qui n’empêche pas, voire encourage les lobbyistes de toutes les entreprises de transports, SNCF comprise, à agir dans la plus grande opacité.

 

Le rapport aurait dû être rendu fin janvier. Sa publication sera finalement décalée début février, pour ne pas se supposer aux annonces qu’effectuera Philippe Duron, ex-député et prédateur des Intercités, sur les projets d’infrastructures de transport. Le texte est censé guider le travail d’élaboration de la nouvelle loi (Loi d’Orientation de la Mobilité Intérieure) qui sera rapidement promulguée. L’expertise abordera pêle-mêle la dette de la SNCF, la rentabilité des TGV, les trains du quotidien, l’ouverture des TER à la concurrence… Autant de sujets qui auraient sans-doute mérité de véritables débats et non une mission confidentielle reposant sur les épaules d’un seul homme.

 

L’expérience passée démontre que les colloques, « assises », et autres rencontres n’ont souvent comme principal objectif que de valider des orientations déjà arrêtées d’avance. Les rencontres ne servent alors que d’alibi démocratique. C’était notamment le cas des « Assises du Ferroviaire » qui se sont déroulées il y a quelques années. Leur finalité fut de légitimer une « réforme portant ferroviaire » de 2014 dont les fondements avaient été élaborés quelques années plus tôt… L’entourage d’Elisabeth Borne laisse craindre le pire lorsque, évoquant le rapport Spinetta, l’un de ses membres déclare « Un tri dans les orientations sera toutefois fait par la ministre avant la dernière mouture ». Mais à part cela, Spinetta « travaille en toute liberté »…

 

FiRST espère et souhaite même se tromper… Avant que l’ex-PDG d’Air France n’apporte les dernières corrections à son texte, et avant même qu’il ne soit sollicité pour exercer sa mission, plusieurs pièces d’un puzzle jetées çà et là commencent à s’imbriquer dans l’esprit des observateurs. A commencer par l’odieux "deal" d’Emmanuel Macron en juillet 2017 : reprise partielle de la dette contre suppression du Statut et du Régime Général de retraite. Elisabeth Borne déclare plus récemment que la SNCF peut être soutenue mais que « les cheminots devront faire des efforts ». Un processus de filialisation de Fret SNCF s’engage, des Régions plaident pour la concurrence alors que l’Afra (association d’opérateurs concurrents à la SNCF) fait le pied de grue devant le bureau de Spinetta… 

 

Mis bout à bout, tous ces éléments convergent vers une promotion de la concurrence, l’imposition de reculs sociaux et d’efforts supplémentaires aux cheminots contre un désendettement partiel de la SNCF, une remise en cause en profondeur du statut et des missions de l’Entreprise. Avec une filialisation de Fret, le transfert au privé de personnels et de missions TER, des interrogations sur les dessertes TGV, des recours déjà massif aux embauches hors Statut et à la sous-traitance, que restera-t-il au final de la SNCF ? L’entreprise risque de fêter son 80ème et dernier anniversaire cette année. Certains affirmeront encore qu’il faut accompagner ces réformes ! FiRST estime que la résistance doit s’organiser dès à présent de manière unitaire et adaptée.

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