SNCF : hausse de la CSG, on a gagné, on a perdu, on...

Publié le par Syndicat FiRST

 

 

Rappel

 

La contribution sociale généralisée (CSG) est un impôt prélevé sur les revenus d'activité et les revenus de remplacement en vue de financer la protection sociale. Son taux varie en fonction des revenus concernés (salaires, pensions de retraite, allocations chômage,...

Des revenus plus importants, identiques, ou en baisse ?

 

Travailler plus pour gagner plus, telle était l’une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. On en connaît la suite. Le candidat Emmanuel Macron, pour sa part, promettait une hausse de la CSG indolore voire positive pour les français, car largement compensée.

La loi des finances 2018 précise le mécanisme qui, selon le public concerné, sera lui plus ou moins favorable.

La hausse de 1,7 %, (qui portera la CSG de 7,5% à 9,2 % pour les actifs dès janvier) ne fera pas que des heureux. Car tous les français ne sont pas éligibles aux mêmes compensations.

A titre d’exemple, les 2,4 % de cotisations chômage qui, comme les cotisations maladies, sont appelées à disparaître, ne sont pas réglées par tous les français.

Les premières victimes seront incontestablement les retraités, dont les prélèvements augmenteront pour la majorité d’entre-eux sans contrepartie.

 

Les cheminots en activité… et les autres

 

Rappelons dans un premier temps que les cheminots sont les victimes, depuis plusieurs années, d’un recul de leur pouvoir d’achat (à grade et anciennetés égaux). Les derniers « accords salariaux » n’ont pas compensé l’inflation annuelle. S'y ajoutent trois années de vaches maigres avec le blocage total des salaires. Les pensionnés, pour leur part, subissent le même sort. Les quelques miettes qui leurs ont été octroyées récemment ne compensent pas les retards de revalorisation de leurs pensions.

Pour certains actifs, et à défaut de mesures compensatoires, la hausse de la CSG aurait pu se traduire par une baisse de rémunération pouvant atteindre 1,7 %. Ce qui, en l’occurrence, était en contradiction totale avec l’esprit de la loi des finances selon Emmanuel Macron (hausse des salaires, via une suppression de cotisations plus importante que la hausse de la CSG). L'Entreprise a donc décidé de limiter la casse, en accordant une indemnité complémentaire de 0,83 % aux cheminots à Statut.

Concernant la situation des contractuels (RH 0254), les mesures qui entreront en vigueur permettront le maintien de la rémunération : hausse CGC de 1,7 % - suppression  cotisation maladie de 0,75 % - cotisation exceptionnelle de solidarité de 1 % = rémunération quasi stable.

Concernant le personnel à Statut, les choses pouvaient se gâter. La suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité, seule mesure compensatoire à la hausse de la CSG, ne permettait pas d’équilibrer les comptes. Une nouvelle indemnité, financée conjointement par la SNCF et la tutelle, sera mise en place. Son rôle : maintenir le niveau de rémunération.

Avec l’inflation, cheminots actifs et retraités resteront cependant victimes d'un recul du pouvoir d'achat en 2018. La hausse des salaires esquissée dans le programme du Président de la République ne se révélera pas dans les faits pour les cheminots. 

A noter que certains salariés du privé s’en tirent beaucoup mieux !

 

Divergence de vue chez les syndicats d’accompagnement

 

Souvent prompts à soutenir à l’unisson les décisions de la Direction SNCF et celles des gouvernements successifs, les syndicats d’accompagnement ont adopté, au sujet des mesures compensatoires, des postures radicalement opposées.

Très satisfait, l’un d'eux s’est targué d’ "être en première ligne dans la défense du pouvoir d’achat des cheminots". Il a fièrement fait part des pressions soi-disant exercées sur le ministère des transports pour « préserver leur pouvoir d’achat». On ignore ce qu’il serait advenu de nous sans cette détermination sans faille, par ailleurs émouvante aux larmes… Grâce à ce syndicat, on gagnera donc… la même chose ! N’était-ce pas le minimum que l’on puisse attendre d’un gouvernement qui avait laissé entendre qu’au final, les salariés sortiraient gagnants des nouvelles mesures fiscales ?

Autre son de cloche chez le second syndicat d’accompagnement. Moins bien coté par le gouvernement, il n’a pas été reçu en personne par Elisabeth Borne. Seule les portes de l'Entreprise lui ont été ouvertes. Une situation bien triste qui explique sans doute en partie le soubresaut de contestation. Celui-ci ose brandir la promesse du candidat Macron : augmenter le pouvoir d’achat des salariés. Ce ne sera pas le cas pour les cheminots, en tout cas.

 

Et pour FiRST

 

Les uns se targuent d’avoir gagné, les autres murmurent que les cheminots ont perdu.

FiRST constate une fois de plus que les promesses électorales, d’où qu’elles proviennent, n’engagent que ceux qui y croient. La réalité, c’est que malgré une dette abyssale qui n’est pas la sienne, la SNCF affichera sans doute de bons chiffres pour 2017.

FiRST revendique une part du gâteau pour les cheminots. Rien ne justifierait le contraire, si ce n’est une volonté politique délibérée de faire reculer encore un peu plus leur pouvoir d’achat.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article