Perspective de mise en examen de Systra et de la SNCF : FiRST avait posé les bonnes questions !

Publié le par Syndicat FiRST

 

L’accident du TGV d’essais survenu il y a deux ans fit de nombreuses victimes : 11 morts et 42 blessés. Quelques jours seulement après le drame, premier accident mortel touchant un TGV, la Direction de la SNCF pointait comme origine de la catastrophe l’ « erreur humaine », allant jusqu’à afficher une volonté de sanction à l’encontre les « coupables » désignés par ses soins.

FiRST s’était immédiatement et publiquement élevée contre cette position inadaptée, voire indécente. Juste après la prise de parole de l’Entreprise, FiRST avait ouvertement posé des questions, sous le titre « Une erreur humaine, mais à quel niveau ? ».

Chacun avait compris que la SNCF, pour des raisons qui sont les siennes, souhaitait cantonner les responsabilités au niveau de l'équipe de conduite et plus globalement des personnes en  charge des essais en temps réel. Une manière d'affirmer, de manière péremptoire, que l’organisation des essais était irréprochable. Les différentes enquêtes ont justement démontré de contraire.

Parmi les questions que FiRST s’était posée juste après la prise de position de la SNCF :

  • De quelle formation le conducteur du train d’essais a-t-il bénéficié ?
  • Quels sont les ordres qui lui ont été transmis avant l’accident ?
  • L’environnement de travail du conducteur était-il adapté, a-t-il été perturbé ?
  • L’organisation des essais était elle pertinente ?
  • Les marges de sécurité étaient-elles suffisantes (11 secondes seulement séparent une conduite en sécurité de la marche ayant mené à l’accident)
  • Quelle boucle de rattrapage avait été mise en place sachant que les automatismes « surveillant » la conduite sont déconnectés lors des essais ?...

Les conclusions des enquêtes ont tour à tour répondu à ces questions, dans un sens qui accable la SNCF et dément sa première approche : pas de formation spécifique pour les conducteurs d’essais, ordres donnés le jour de l'accident sur la base de calculs erronés effectués dans la précipitation, équipe de conduire perturbée juste avant l’accident par un appel interphonique, mauvaise organisation des essais (répartition des responsabilités floue, absence de débriefing après essais…), certains tests auraient pu être remplacés par des simulations informatiques sans risque, aucune boucle de rattrapage mise en place, le respect de la vitesse ne reposant que sur le « professionnalisme » des équipes….

Ces constats, accablants pour les entreprises en charge des essais, remettent en cause l’approche caricaturale et orientée que la SNCF avait formulé 5 jours après l’accident.

FiRST a toujours considéré que le « lampiste » ne devait pas porter seul la responsabilité du drame. La perspective de mise en examen de Systra et de la SNCF permettra de lever le voile sur les circonstances réelles de la catastrophe et, à terme, de placer les responsabilités là où elles  sont vraiment.

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