Conclusion des Assises de la Mobilité : le train grand absent

Publié le par Syndicat FiRST

 

Les Assises de la Mobilité sont arrivées à terme le 13 décembre. Selon Elisabeth Borne, il y a eu « trois mois d’écoute… un temps essentiel et passionnant ». Un « premier temps en vue de la refondation politique des transports ». 600 spécialistes  se sont réunis, 400 réunions se sont déroulées sur tout le territoire national, 200 cahiers des charges ont été élaborés… Quelle place pour le train dans tout ça ?

Oublié, comme si le transport ferroviaire n’avait jamais existé ! Certes,le rail a bien été évoqué ça et là, notamment par des lobbyistes financiers qui ne rêvent de racheter des LGV dont le coût de maintenance pèse sur les finances de la SNCF, et accessoirement de l’Etat, et cela pour les mettre en concession… Ou par tous ces opérateurs privés très présents qui, tels des coucous du rail, ne rêvent que de grappiller un maximum de trafics voyageurs à la SNCF le moment venu.

Sinon, le transport ferroviaire a été écarté des débats. Tant lors de la journée internationale des mobilités que lors des échanges, pourtant particulièrement nourris, qui ont précédé l’intervention conclusive du Ministre des Transports. Pour être honnête, écarté, pas tout à fait. Car l’après-midi, un des intervenants a cité la SNCF comme élément de la chaîne d’acheminement du vélo, un autre a évoqué sa nécessaire collaboration avec les autres modes, un troisième a évoqué l’existence de la SUGE. Ce furent les trois seules occurrences de l’acronyme « SNCF » durant toute une journée consacrée aux mobilités de demain. Visiblement, cela n’a pas choqué outre mesure les différents observateurs présents. LA SNCF, ce n’est pas Spinetta qui s’en charge, a déclaré l'un d'eux ! Comme s’il était normal que l’on exclue des débat sur les mobilités de demain l’un des modes de transports en commun les plus importants de France…

L’avenir du rail c'est quelques lignes dans le discours d’Elisabeth Borne, noyées dans une foultitude de propositions et d’orientations diverses. Cette dernière est d’abord revenue sur la mission confiée à l’ex-président d’Air France KLM. Jean Cyril Spinetta rendra sa copie en janvier. Elle portera à la fois sur la place du fer dans les transports de demain, les nouvelles bases économiques du système ferroviaire, et les conditions d’ouverture du réseau à la concurrence. Beaucoup de choses pour un seul homme, à mettre en parallèle avec les propositions, essentiellement hors ferroviaire, des 600 spécialistes sur les mobilités de demain. Prétendre que l'avenir de la SNCF n'a pas été arrêté d'avance, hors débat public et en toute opacité,  relèverait soit de la plus grande naïveté, soit d’une affligeante mauvaise fois.

Entre poire et fromage, Elisabeth Borne a affirmé sa confiance en « la force du mode ferroviaire » tout en rappelant ses exigences envers la SNCF, qu’elle s’est bien gardée de citer nommément. « Je crois au savoir-faire des salariés », a-t-elle précisé, là aussi en se gardant bien de les qualifier de « cheminots ». Chaque mot a son importance, chaque silence aussi. Elle s’est émue de l’état des lignes secondaires, et du fait que certaines d’entre elles soient encore à voie unique alors qu’elles desservent des métropoles.

A part cela, pas grand-chose. La volonté affichée par le Gouvernement est de faire disparaître les « zones blanches » et de rendre les mobilités accessibles à tous les français. Mais rien n’indique que ce soit avec le rail, bien au contraire. Au jeu du ni oui ni non, traduit en l’espèce par ni rail ni SNCF, les intervenants d’hier auraient atteint des scores fabuleux ! Et pour finir sur l’avenir du système ferroviaire : « des décisions doivent être prises et nous les prendrons en responsabilité ». Ça promet ! Rendez-vous en février.

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