KESKISPAS FiRST de novembre : pour Engie, le ferroviaire, ça gaze !

Publié le par Syndicat FiRST


Pour Engie, le ferroviaire, ça gaze !

 

 

Le temps semble révolu où La Poste se contentait d’acheminer le courrier, les banques ne se chargeaient que des placements financiers, les opérateurs de téléphonies se limitaient à gérer nos appels… Depuis quelques temps déjà, les entreprises empiètent sur des domaines très éloignés de ceux qui furent à l’origine de leur création. Une nouvelle étape vient d’être discrètement franchie dans le ferroviaire. L’originalité tient plus dans l’entreprise à l’origine de l’initiative qu’à sa réalisation. Depuis des lustres, la SNCF abandonne son savoir-faire… et comme la nature a horreur du vide…

 

L’Equipement a très tôt connu les affres de la sous-traitance. Si bien que les cheminots de la fonction sont souvent cantonnés à redresser les nombreuses malfaçons et à gérer les dysfonctionnements à la livraison de chantiers livrés par le privé. Le désintérêt de la SNCF pour sa propre culture ferroviaire a inspiré une autre grande entreprise : Engie (ex GDF Suez, ex GDF). C’est ainsi qu’un fournisseur de gaz s’immisce désormais dans la formation de salariés en charge de la « sécurisation des voies ferrées ».

 

Cette « école du ferroviaire », récemment née au sein d’un lycée du Gers, est le fruit d’un partenariat entre le Greta (formation continue) et Ineo Sclé, filiale du Groupe Engie. La responsable RH de cette société justifie ainsi cette initiative : « La SNCF cherche à réduire ses effectifs et est en train d'externaliser vers des sociétés privées une partie de ses activités. Cela va des bureaux d'études aux travaux sur les voies. Ineo Sclé Ferroviaire va se positionner sur ces nouveaux marchés, et notamment sur la partie signalisation des voies ferrées ».

 

Tout est dit : la SNCF abandonne son savoir-faire, y compris le cœur de métier. Cette affaire ne va pas sans rappeler le transfert, il y a quelques années, de missions informatiques sensibles au privé (dont certaines ont été délocalisées… en Inde !) de même que les recours de plus en plus régulier de l’Entreprise à la sous-traitance en Ingénierie ou pour d'autres missions.

Pour FiRST, la SNCF n’a d’avenir que si elle conserve en son sein et protège son cœur de métier. La question est : les pouvoirs politiques et les dirigeants de l’Entreprise souhaitent-ils vraiment offrir un avenir à la SNCF ? Pour la DRH d’Ineo : « Avec la baisse des effectifs au sein de la SNCF, il y a de belles perspectives de carrière au sein des sociétés privées ». Cela se passe de commentaires !

 

Elisabeth Borne ne vous fera pas préférer le train !

 

 

Ministre des transports, Elisabeth Borne n’en a pas moins été une directrice de la stratégie de la SNCF de 2002 à 2007. Quelle vision du train pour cette ancienne « cheminote » ? S’exprimant récemment devant des sénateurs, le Ministre déclara : « Il ne faut pas se tromper. Avec l'émergence des compagnies low-cost, le TGV est  naturellement plus cher que l'avion, car, quand on a une infrastructure qui coûte 9 milliards d'euros comme c'est le cas pour les lignes Sud-Europe Atlantique (LGV SEA) ou GPSO (Grand projet ferroviaire du sud-ouest), il n'y a pas de magie. Les collectivités peuvent la financer à 100% mais dans ce cas-là, cela fait beaucoup d'argent pour l'Etat et les collectivités. Ou alors une partie est portée par le prix du billet. Je pense que chacun peut constater qu'il est très agréable d'aller de Paris à Bordeaux en un peu plus de 2 heures par la ligne SEA mais c'est aussi moins cher de le faire par l'avion et c'est normal ».

 

FiRST ne reviendra pas sur les conditions de financement de la LGV SEA, scandaleux cadeau offertaux groupes privés en charge de la construction de la ligne, ayant pour corollaires des péages et des prix de billets exorbitants… Le TGV était sans doute « moins cher » lorsque la construction des lignes nouvelles était exclusivement financée par l’endettement de la SNCF. Une dette que le chef de l’Etat avait récemment proposé de reprendre partiellement, en contrepartie de la remise en cause du Statut et du régime spéciale de retraite des cheminots. Et si Emmanuel Macron proposait un deal du même genre aux patrons de groupes privés, l’avion reviendrait peut être plus cher que le train ? Pas sûr les patrons bétonneurs apprécient ! A l'inverse de ceux à la tête des entreprises publiques, eux ne sont pas censés avoir le doigt sur la couture du pantalon !

 

Manifestation du 16 novembre… FiRST y sera

 

FiRST appelle à manifester le 16 novembre contre tous les reculs sociaux imposés aux salariés, fruits d’une politique libérale résolument anti-sociale. FiRST rappelle à cette occasion son opposition aux 5 ordonnances destinées à modifier le Code du Travail. L'examen du projet de loi de ratification des ordonnances débute ce mardi en commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

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